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Il est donc ouvert à toute candidature individuelle originale et de haut niveau relevant d'un très large éventail de disciplines, d'objets de recherche et de questions de société.
Deux critères sont privilégiés pour la sélection de ces candidatures :
À terme, les candidats retenus dans le cadre de cet appel à propositions très ouvert et permanent seront susceptibles de faire émerger des thèmes structurants au sein du Collegium, à la faveur des collaborations qu'ils développeront tant avec d'autres fellows qu'avec des chercheurs du site de Lyon.
Qu'elles soient individuelles ou groupées, spontanées ou suscitées, les candidatures qui relèveront plus spécifiquement de ces priorités thématiques ont vocation à jouer un rôle moteur et structurant au sein des promotions successives de fellows.
Ces actions prioritaires, dont certaines pourront être renouvelées ou redéfinies au fil du temps, sont actuellement au nombre de quatre :
2.1. Thématique prioritaire « ASLAN [PDF - 219 Ko] / Advanced Studies on LANguage »
Le langage est au cœur de nombreux questionnements scientifiques majeurs, qui relèvent d'enjeux à la fois sociétaux, technologiques, médicaux et culturels, nécessitant de faire reculer les frontières de la connaissance.
De fait, le langage relève autant de facultés cognitives que de processus sociaux et il se caractérise par une grande diversité, présente à la fois à travers la multiplicité des langues et un large éventail de contextes d'interaction. De même, des dynamiques multiples sont à l'œuvre lors des processus individuels et collectifs d'acquisition du langage, au cours de l'évolution des langues ou dans la construction dynamique des interactions.
Les approches scientifiques développées à Lyon font intervenir tous les niveaux d'analyse du langage en intégrant aussi une perspective multimodale sur la communication humaine. Ces travaux s'appuient sur un réseau multidisciplinaire dense au sein des Sciences humaines et sociales (psychologie cognitive, anthropologie et ethnologie) et au-delà : Sciences du vivant (neurosciences cognitives, génétique des populations, médecine, etc.) et Sciences de l'information et de la communication (modélisation et traitement automatique de la parole, des langues et des documents multimédia ; développement de bases de données, de corpus, etc.).
Ces approches s'articulent autour des cinq axes présentés ci-dessous. Le spectre des problématiques et des méthodologies abordées invite également à penser et à développer des méthodologies d'analyse innovantes pour les données et les corpus traités, ce qui constitue un thème transversal aux 5 axes.
AXE 1 : ORIGINE, ÉVOLUTION ET DIVERSITÉ DES LANGUES
AXE 2 : LANGUE FRANÇAISE: ASPECTS SYNCHRONIQUES ET DIACHRONIQUES
AXE 3 : INTERACTION : DE LA GRAMMAIRE AUX PRATIQUES COLLABORATIVES
AXE 4 : ACQUISITION, DÉVELOPPEMENT ET APPRENTISSAGE
AXE 5 : TRAITEMENTS ET REPRÉSENTATIONS COGNITIFS DU LANGAGE
THÈME TRANSVERSAL : CORPUS, BASES DE DONNÉES, TRAITEMENT AUTOMATIQUE.
2.2. Thématique prioritaire « Comportements et pratiques de santé »
La santé, sous toutes ses formes, tend à s'imposer comme une priorité scientifique, en corrélation avec son poids dans les politiques publiques pour lesquelles elle représente un défi considérable en raison des difficultés croissantes à en maîtriser les coûts. Plus largement, les sciences de la vie représentent très certainement le domaine de recherche le plus prometteur pour l'avenir, en termes de futures découvertes.
C'est d'autant plus vrai sur le site de Lyon où l'on rencontre à la fois des établissements scientifiques de renommée internationale tels que l'Université Claude Bernard Lyon I ou l'Ecole Normale Supérieure de Lyon qu'une forte présence industrielle symbolisée par le groupe Mérieux. Cela explique le lancement récent de nouveaux dispositifs de soutien à la recherche tant fondamentale qu'appliquée : un pôle de compétitivité LyonBiopôle ;un Réseau Thématique de Recherche Avancée en infectiologie, baptisé FINOVI et centré sur l'ENS de Lyon et Lyon I ; trois réseaux thématiques de recherche et de santé
Parallèlement, le potentiel scientifique lyonnais en sciences humaines et sociales est reconnu par les instances nationales et internationales. Pour des raisons tant institutionnelles que scientifiques, il apparaît particulièrement opportun de construire des initiatives transversales entre sciences de la vie et sciences humaines et sociales sur le site de Lyon autour des questions de santé.
Cet objectif peut être décliné à différents niveaux imbriqués : établissement de passerelles et mutualisation d'activités entre des groupes de recherches impliqués dans des champs scientifiques divers ; avancées épistémologiques à la faveur de questionnements croisés entre champs scientifiques ;développement des liens entre les différents acteurs pour faire travailler ensemble toutes les structures concernées (réseaux thématiques de recherche avancée ; équipes de recherche ; réseaux thématiques de recherche et de soin...).
Quelques grandes directions peuvent déjà être envisagées :
- Une réflexion sur les instruments de recherche
L'identification des terrains de recherche les plus adaptés est une priorité. Il s'agit de repérer les différents corpus utilisables, à commencer par les enquêtes démographiques de cohortes ou par les bases de données sur des infections. L'objectif est de susciter la production de nouvelles données et le croisement de celles déjà recueillies. Cela relaie notamment l'ambition de l'Institut des Sciences de l'Homme d'être l'un des pôles nationaux dans le dispositif national de collecte et de traitement des données en sciences humaines et sociales.
Il ne s'agit pas simplement de construire des outils mais surtout d'en tirer de nouveaux résultats. De nombreuses innovations épistémologiques sont ainsi destinées à se dégager, notamment via une théorisation des systèmes complexes, qui peut s'appuyer sur un Institut rhônalpin installé à l'Ecole Normale Supérieure de Lyon.
- Individu, environnement, santé
L'approche individuelle et/ou collective représente un horizon interdisciplinaire particulièrement pertinent. Il importe de décliner les représentations et les comportements face aux risques sanitaires. Il s'agit de mesurer les effets tant biologiques que sociaux des principaux vecteurs. À titre d'exemple, on peut citer le problème grave des résistances aux antibiotiques, dont la solution ne passe pas seulement par la découverte de nouvelles bactéries, ou par l'identification de pratiques sociales jouant sur la multiplication des résistances, mais aussi par l'analyse sociétale des terrains traversés. De même, les problèmes liés à la gestion collective des situations de vulnérabilité appellent des enquêtes de terrain autour de sites aussi diversifiés que des laboratoires pharmaceutiques ou des quartiers urbains, afin d'identifier le rôle des différents acteurs et d'évaluer les politiques publiques engagées.
- Perceptions et réalités d'un individu malade/infecté, patient, consommateur de thérapeutiques
Pour les sciences humaines et sociales et les sciences de la vie, l'individu est au cœur des investigations. L'individu est à la fois un sujet et un objet. Récepteur des influences extérieures mais aussi acteur des réponses possibles. L'individu est en outre le principal agent de socialisation.
L'individu confronté aux menaces sanitaires doit être au cœur de recherches véritablement interdisciplinaires, croisant sciences exactes et SHS. Représentations comme comportements doivent faire l'objet de modélisations partagées. L'acceptabilité des technologies constitue par exemple un front pionnier commun.
Les différentes phases de l'individu confronté aux infections - être malade, être un patient, être un consommateur d'innovations thérapeutiques - sont autant d'étapes à décrypter en profondeur par les chercheurs des différents champs. Autant dire des questions prégnantes pour le RTRA FINOVI mais aussi pour de nombreuses équipes de SHS du site de Lyon.
Au-delà, se pose la question de la réactivité économique et du transfert des connaissances« académiques » en réalités industrielles. L'économie de la santé représente un formidable défi pour le secteur de la recherche aussi bien académique qu'appliquée tant les questionnements scientifiques induits comme les enjeux socio-économiques correspondants représentent des enjeux pionniers.
Le Collegium attend des fellows retenus qu'ils favorisent sur le site de Lyon des démarches à la fois novatrices et innovantes, dans une perspective fortement interdisciplinaire allant de la virologie à l'anthropologie.
Pour cette thématique prioritaire, une attention particulière sera accordée aux candidatures groupées associant des expériences scientifiques complémentaires autour d'un projet commun.2.3. Chaire pour une mondialisation responsable
En conclusion du Forum pour une Mondialisation Responsable qui s'est tenu à Lyon en octobre2006, le président du Grand Lyon et celui de la Région Rhône-Alpes, organisateurs de la manifestation, ont annoncé leur intention de créer une Chaire sur ce même thème. Financée par les deux collectivités locales, la Chaire a vocation à être intégrée au Collegium de Lyon qui apportera sa garantie scientifique et ses moyens logistiques aux procédures de sélection et d'accueil des candidats.
L'objectif visé est de faire du site de Lyon un des pôles forts de la recherche française dans le domaine, en l'insérant dans les réseaux scientifiques internationaux qui sont de plus en plus nombreux à se consacrer aux Global Studies.
Le terme de« mondialisation responsable » renvoie à l'impératif, à la fois scientifique et pratique, de mieux prendre en compte les coûts sociaux, environnementaux et politiques qui sont induits par l'internationalisation croissante des échanges, la montée en puissance du libéralisme économique et la privatisation des biens publics.
Dans le prolongement des priorités qui avaient été identifiées lors des travaux du Forum de Lyon, la Chaire privilégiera trois axes thématiques majeurs :
1/ Les changements climatiques
Dans le cadre d'une mondialisation responsable, les sciences sociales peuvent contribuer à un débat scientifique et public qui, jusqu'ici, s'est focalisé sur les sciences de la terre et du climat. Pourtant les effets du changement climatique et du réchauffement global engendrent tout un ensemble de pressions sociales et d'enjeux politiques, qu'il s'agisse de prévenir ces changements, d'en limiter l'ampleur, ou de s'adapter à leurs conséquences. Les champs de recherche concernés sont nombreux : étude des instruments politiques destinés à tempérer ces effets ; leçons tirées des désastres environnementaux, etc. L'important est de mobiliser les formes de sciences sociales qui prennent au sérieux la dimension contextuelle et régionale, pour compléter l'échelle à laquelle les climatologistes élaborent leurs modèles.
2/ La gouvernance démocratique
Le plus souvent, les Global Studies abordent cette notion en privilégiant les relations et les institutions internationales. Mais les problèmes de gouvernance démocratique à l'ère de la mondialisation requièrent tout autant des recherches à portée locale ou régionale, afin de saisir les liens entre ces différentes échelles.
Bien que le terme de« gouvernance » ait des connotations multiples, la Chaire devra permettre d'en modeler la signification dans la ligne des travaux du Forum, à distance des actions étatiques et en direction de la société civile. L'étude des politiques non-gouvernementales, par exemple, est un nouveau champ important au sein des études sur la gouvernance, qui mérite d'être exploré parallèlement aux approches plus traditionnelles de la participation civique et des pratiques démocratiques.
3/ Les flux redistributifs
Les « New Global Studies » peuvent aussi être qualifiées de « Critical Global Studies »dans la mesure où elles marquent la position intellectuelle selon laquelle la mondialisation avantage ou pénalise différentiellement les personnes en fonction de leurs identités sexuées, sociales, territoriales, ethno-raciales et nationales. Dans ce cadre qui conduit à considérer que tous les flux économiques mondialisés sont en un certain sens redistributifs, les questions à examiner sont multiples :de quelle manière l'inégalité et les redistributions découlent-elles à la fois de la mondialisation et des exclusions qu'elle produit ?Comment opèrent les mesures de redistribution, y compris les programmes contre la pauvreté ? Quelle est l'action des ONG et autres acteurs de la société civile qui s'efforcent de tempérer et d'améliorer les effets des processus redistributifs mondiaux ?
Par-delà la diversité des questions, des disciplines et des outils d'analyse, l'étude des processus mondiaux requiert le développement de connaissances régionales, attentives à la spécificité de chaque contexte, afin de repenser les articulations entre le global et le local. Tels sont la méthode centrale et le profil intellectuel de la « mondialisation responsable ».
La Chaire en cours de création est destinée à accueillir des personnalités scientifiques de haut niveau qui seront en règle générale invitées pour des périodes courtes (quelques semaines) en fonction d'un programme scientifique permanent animé par un groupe de chercheurs du site de Lyon.
Dans le cadre de ce programme, deux actions complémentaires sont envisagées :
- d'une part l'organisation d'un séminaire thématique annuel ;
- d'autre part l'invitation de deux ou trois chercheurs internationaux juniors accueillis au Collegium de Lyon pendant une durée de 5 ou 10 mois. Ils seront sélectionnés non seulement en fonction de leur intérêt pour le thème annuel du séminaire, mais aussi pour la complémentarité de leurs approches, en vue de mettre en place un programme collectif de recherche sur la question de la mondialisation responsable.
Le partenariat entre le Grand Lyon, la Région Rhône-Alpes et le Collegium se traduira notamment par la désignation de deux correspondants pour chacun des invités de la Chaire : d'une part une personnalité scientifique lyonnaise, d'autre part un représentant des collectivités locales.2.4. Chaire "Mémoire, cultures et interculturalité [PDF - 923 Ko]"
Rattachée à l'Université catholique de Lyon et domiciliée à l'Institut des droits de l'homme, cette Chaire UNESCO a été créée en novembre 2007. Il s'agit d'une Chaire de formation, de recherche, d'information, de documentation et d'échange en réseau international, favorisant les connexions entre les cultures.
La Chaire s'est dotée d'un pôle d'excellence intitulé « Les minorités ethniques, culturelles, religieuses et linguistiques »,dont le programme scientifique se déploie dans trois directions complémentaires en vue de procéder à une investigation globale de la question minoritaire, basée sur l'observation et l'expérience :
- cerner les contours de la notion de minorité et ses caractéristiques principales par une démarche pluridisciplinaire (socio-anthropologique, historique, juridique, politique, philosophique et géopolitique) ;
- explorer les fondements des mouvements minoritaires, étudier leur typologie et examiner leurs revendications et objectifs ;
- analyser les dispositions normatives et juridiques de reconnaissance et les mécanismes de protection et de contrôle adoptés par le droit international (ONU, UNESCO...), ainsi que les discriminations dont les minorités font l'objet.
Pour cette composante "recherche" de ses activités, la Chaire bénéficiera d'un partenariat avec le Collegium de Lyon. Plus précisément, l'objectif visé est d'associer à l'équipe travaillant au sein de ce pôle d'excellence, sous la responsabilité du titulaire de la Chaire, deux chercheurs invités de haut niveau, dont les candidatures auront été validées par le Conseil scientifique et par la direction du Collegium.
Comme pour la Chaire sur la mondialisation responsable, le principe du double parrainage sera systématiquement institué pour chacun des invités : d'une part le titulaire de la Chaire UNESCO ou l'un de ses collaborateurs scientifiques directs ; d'autre part un chercheur d'un laboratoire lyonnais ayant une compétence reconnue dans le domaine de l'invité.